Yralim et le monde

11 novembre au mont Gargan

Un jour, Gargantua qui passait par là sentit quelque chose qui le gênait dans sa botte . Il se déchaussa et la retourna. Il en tomba une montagne que les habitants de l'endroit baptisèrent illico le Mont Gargan. Logique, non?

Cette histoire est rigoureusement exacte, au moins aussi vraie que celle du petit homme à talonnettes qui abattit le mur de Berlin à coups de sa petite pioche.

Nul n'a prétendu jusqu'à présent que le Mont Gargan est tombé de la talonnette magique. Au demeurant ça se saurait, puisqu'il se serait appelé le Mont Sarko..

J'en reste là avec mon sujet obsessionnel et je vous ramène au Mont Gargan. De là-haut, on surplombe le monde alentour et ses préoccupations médiocres et quotidiennes..

Enfin si l'on peut dire de là-haut. Si vous m'aviez questionné à l'improviste sur l'altitude de cette gosse taupinière, je vous l'aurais bien vendue pour allez disons 900m bon poids... Vérification faite, (c'est écrit au sommet) je me vois obligé de rabaisser mes prétentions. 731m, ce n'est pas cher donné pour le point culminant d'une région pourtant riche en monts: Monts d'Ambazac, Monts de Châlus, Monts de Blond... En Haute-Vienne on ne lésine pas sur les appellations. Pour ceux qui ne connaissent pas, inutile de prendre les piolets. Tout au plus quelques sentiers de randonnée en montée un peu raide vous permettront sous le couvert des châtaigniers , d'atteindre les sommets de ces aimables collines.

Au pied du mont on travers deux des plus petites communes de la région: Surdoux (44h) , Saint Gilles les forêts (55h), puis la petite route s'élève tres rapidement pour atteindre un parking aménagé. De là, il faut finir l'ascension à pied jusqu'aux ruines d'une chapelle édifiée par un curé laborieux à la fin du du XIXe S. qui marque le sommet. (n'exagérons rien, le curé a certainement fait bosser ses ouailles. Je le vois assez bien assis à l'ombre et donnant ses ordres.)

Et c'est vrai que vue de là, la campagne limousine, par beau temps est magnifique. Région de forêts sombres ,au masses parfois éclairées de l'explosion de feuillages aux teintes vives, de pâturages aux verts un peu fanés en cette fin d'automne, de fermes ou de villages disséminés dans la nature, jusqu'aux lointains horizons confondus dans des vapeurs bleues...

Ces panoramas lointains ne constituent pas le seul intérêt de la visite. Le sommet est occupé par des landes et des fougères, il y a aussi des bosquets de bouleaux dont les dernières feuilles étincellent comme des pièces d'or au soleil, et une superbe allée de hêtres gigantesques aux troncs noueux et aux branches interminables.

Et bien sûr, on ne peut pas parler du Mont Gargan sans évoquer la silhouette du colonel Guingouin qui tint la région pendant la seconde guerre mondiale. Une plaque rappelle la bataille du mont Gargan, du 18 au 24 Juillet 1944, durant laquelle les Maquis du Colonel Guingouin ont affronté les troupes allemandes du général Jesser.

Il faudrait bien des billets comme celui ci pour évoquer la vie tumultueuse de l'instituteur de Saint Gilles,jeune communiste qui prit le maquis malgré les ordres du Parti, pour créer une véritable armée clandestine de Francs-tireurs et régner sur la région. Celui que l'on appelait « le Grand » devait payer cher, après guerre, sa désobéissance. Exclu du Parti, poursuivi pour de supposées exactions, arrêté et sans doute torturé en 1953 à la prison de Brive, (probablement en raison d'une machination de policiers et de magistrats qui l'avaient combattu durant la guerre), il bénéficia d'un non lieu en 1959 et reprit sa carrière d'instit dans l'Aube. Le PC le réhabilita en 1998, ce à quoi il resta totalement indifférent. Décédé en 2005, il est enterré auprès de sa femme, dans le petit cimetière de Saint Gilles les Forêts.

Georges Guingouin était commandeur de la Légion d'honneur, Compagnon de la Libération, titulaire de la Croix de guerre avec palme, de la médaille de la Résistance avec rosette, et de la King's Medal for Courage(GB)..

On ne peut pas considérer les paysages qui s'étendent au pied du mont Gargan sans évoquer ces temps troublés et cette figure contestée et sans doute pas si simple.

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Lumières de Bergen

L'avion survole des étendues désertiques et enneigées, plateaux désolés jusqu'au coeur de l'été, puis il amorce sa descente vers un paysage ou s'entremêlent terres et eaux, en un improbable patchwork.

Des routes apparaissent et les couleurs vives des maisons de bois...

Bergen.

La ville fait partie de ces vieilles cités, dont on ne sait jusqu'où remonte leur existence. A cause de son emplacement, sur une presqu'ile ceinturée d'iles qui lui font une défense naturelle. Plus tard elle devint comptoir hanséatique voué à l'exportation du poisson salé ou séché. La Hanse l'enrichit à l'égal de Londres ou Bruges.

Puis vint le déclin avec la Réforme. Conséquence paradoxale du Luthérisme, on consomma moins de poisson. Petit à petit la Hanse abandonna la ville qui revint à la Norvège à la fin du XVIIIe Siècle.

Aujourd'hui Bergen est la deuxième ville de Norvège après Oslo, la capitale.

C'est une ville animée, bourrée de touristes. Ses vieux quartiers restaurés, autour du port sont patrimoine mondial de l'UNESCO.

C'est un port vivant, avec de nombreuses liaisons ferry vers l'Angleterre, l'Ecosse et les Féroé, notre adversaire privilégié en foot.

Et c'est aussi le point de départ (et d'arrivée) d'Hurtigruten, l'express côtier …

Voilà pour le guide.

En ce qui me concerne, quel que soit le charme des vieux quartiers, des rues pavées en forte pente, l'animation touristique qui règne autour du port n'est pas vraiment ma tasse de thé norvégienne.

Mais je reconnais qu'il y a là un premier aperçu d'une atmosphère nordique, des couleurs spéciales, une lumière cristalline...

Hé, si vous arrivez en voiture, il faut payer pour entrer en ville. En couronnes, s'il vous plaît!

Des coins tranquilles

Vous en avez marre de l'agitation qui vous entoure? Marre du stress au boulot, du chef, du patron, des collègues qui ne pensent qu'à vous pousser pour prendre votre place? Marre des politiques débiles, des ministres racistes, des présidents m'as-tu-vu?  Marre d'entendre chaque matin des infos pires que celles de la veille? Régressions en tous genres, parti-pris, insécurité, mensonges, cadeaux aux copains?

Ne vous en faites pas il y a encore, là-haut vers le Nord quelques endroits tranquilles.

En voici un petit échantillonnage...

Rivages

Images au hasard... Ce qu'intercepte l'oeil, sensations fugitives, instants plus ou moins bien rendus par l'appareil...

Bateaux de touts sortes, longeant les rivages, ferries locaux, chalutiers, modestes embarcations de pêche ou de promenade.

Des quais, chargements déchargements, travail quotidien et l'atmosphère de ces petits ports isolés deux fois par jour au passage de l'express côtier...

A chaque passage l'animation... Touristes qui débarquent pour faire ce qui est souvent l'unique rue du village. Passagers avec leurs bagages. Attente.

Et le ballet des charriots, gros insectes verts ou jaunes...

Batiments de bois, souvent peint en rouges, hangars oubliés, entrepôts aux peintures écaillées, témoins d'une vie passée qui là aussi évolue...

Toute une vie tournée vers la mer , depuis les siècles anciens, depuis les vikings,  tout une vie de labeur de dangers... Sans parler du jour qui s'éternise et surtout de la nuit qui n'en finit pas...

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  • #1

    Nalou (samedi, 29 août 2009 03:51)

    Curieux paysages, toutes ces couleurs est- ce pour oublier la longueur de l'hiver ? Merci pour le voyage.
    Bises Nalou

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Soleil de Minuit

La soirée , c'est à dire la journée s'allonge et lentement le soleil descend vers l'horizon...

lentement.

Son reflet ourle les vaques et accroche à l'écume des teintes dorées et changeantes,

Ce qui devrait être la nuit ne change en rien la lumière...

Les ombres s'allongent pourtant peu à peu, des nuages obscurs sillonnent le ciel entre lesquels le soleil joue, sautant de l'un à l'autre...

Le temps passe.

Minute après minute, les heures s'ajoutent aux heures. On en compte vingt trois , et l'astre du jour hésite à plonger , ralentit sa course, oblique sa courbe comme si le contact de l'immensite liquide l'effrayait..

L'heure fatidique approche... Moins le quart, moins dix...La boule lumineuse pour le coup s'arrête, reste là en balance ,suspendue...

Moins cinq... plus rien ne bouge. Le temps prend son temps...

Immobile? Non, point tant... Simplement à vitesse très réduite, au .point mort, poussé par le seul élan de sa descente, comme s'il avait coupé les gaz il longe l'horizon. Minuit: au douzième coup oil a dèjà rebondi...

Comme un ballon il remonte a vive allure, l'escalade repart vers un nouveau jour... un jour de plus, un jour de plus dans l'été arctique, …

Un jour de plus dans les trois mois de jour ininterrompus...

Qui penserait que dans quelques mois, la nuit sera là pour longtemps?

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  • #1

    Nalou (lundi, 24 août 2009 16:12)

    Superbes toutes plus beles les unes que les autres bisous Nal

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Quand les français voyagent

Les français sont ils les pires des touristes, comme l'indique une enquête récente?

Je ne saurais le dire mais je veux donner ici mon témoignage, évidemment partiel et partial sur le sujet.

D'abord , durant les voyages que j'ai pu faire, celui qui vient de me conduire le long des côtes norvégiennes , et bien d'autres auparavant, j'ai rencontré des compatriotes charmants, sympathiques, pas frimeurs ni arrogants pour deux sous, des personnes attachantes que l'on a plaisir à retrouver à divers moments de la journée.

En fait je crois qu'en voyage à l'étranger il faut distinguer le français individuel, du groupe, de la bande ou de la tribu. Individuel ne signifie pas obligatoirement seul, le terme à mes yeux fait plutôt référence à une organisation personnelle de voyage qui n'implique pas plus de trois personnes.

Le français rencontré ainsi en terres lointaines, se fait en général discret, attentif à un environnement qu'il ne maitrise pas toujours ne serait ce qu'en raison d'une langue qui ne lui est pas accessible. Les rapports avec les autochtones sont le plus souvent courtois , sans agressivité.


Mais voilà. Il arrive qu'au détour d'une rue, dans un hôtel, ou à l'occasion d'une escale dans un petit port paumé,, débarque (ou embarque) à grand fracas, interpellations, en terrain conquis , l'envahisseur en troupeau serré. C'est la que le français individuel rentre la tête dans les épaules, se fait la plus petit possible...

Jusqu'à présent il comprenait mal et voilà que tout à coup il comprend trop bien. Certes les scandinaves, les hongrois ou les azerbaïdjanais en troupeau doivent bien dire leur lot de conneries, de propos vulgaires ou désobligeants, de plaisanteries douteuses, mais hélas ceux de nos compatriotes ne peuvent nous échapper.

Et ça hausse la voix. Il y a ceux qui savent tout, qui sont parfaits dans tous les domaines contrairement à ces indigènes arriérés. Ca connait mieux que le portugais l'art de sécher la morue, mieux que l'italien le moyen d'accommoder les pâtes, ça critique la conduite automobile, la façon de vivre, la lenteur, ça expliquerait aux belges comment couper les frites. « T'as vu comment ILS font? » Ah ce « ils »!

Et puis ça envahit la place sans souci pour les autres, ça vous balance les sacs à dos dans la figure, ça joue des mains et des épaules pour arriver avant vous au buffet qui, lorsque les autres peuvent y accéder à leur tour n'est plus qu'un champ de bataille dévasté où les rondelles de salami ont atterri dans la mayonnaise, où le flan au chocolat n'est plus qu'une infâme bouillie où surnagent des quartiers d'oranges et des débris de fraises écrasées.

Après quoi on va s'étaler pour faire digestion là où il y a des places et des fauteuils confortables., Un fauteuil pour la personne et un pour le sac à dos... Les autres. .. Quels autres? « C'est pas des français, non? Et ils font pas partie de notre groupe... »

Je sais, on va me dire que je généralise. C'est vrai. Il y a même dans les bandes de français en voyage à l'étranger, des gens sympas. discrets et polis. Des gens qui ont parfois honte des incivilités de leurs compatriotes. Seulement ce n'est pas ceux ci qu'on voit. Selon une loi physique bien connue c'est toujours la connerie qui remonte à la surface.

Et c'est vrai qu'il y a aussi des cons argentins, hollandais ou mésopotamiens. Pourquoi les nôtres sont ils plus visibles? A cause du nombre? Avons nous un pourcentage de « m'as tu vu » satisfaits et d'imbéciles plus important que les autres?

Quel est ce pourcentage? Hé , il n'y a pas écrit Opinionway là!

Mais comme on me demande mon avis, je dirai 53%. Presque au hasard. Je ne sais pas du tout d'où me vient ce chiffre!

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  • #1

    Nal (vendredi, 17 juillet 2009 01:57)

    Tous ne sont pas pareils, mais ce sont le mêmes en France qui parlent fort qui râlent pour un rien^, qui s'imagine être seuls au monde quand ils ont envie de bricoler à 7h du mat le wk, qui roulent comme des malades rarement sobres mais c 'est pas grave ils métrisent ya des coups de pied au cul qui se perdent ! J'ai quand même rencontrer des Allemands très désagréables pendant mes séjours à l'étranger et paf ! heu pourquoi 53 % Hummmmmm ;-)

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Martel

Encore un déplacement court... pour un Dimanche. En plus il y a d'excellents restaurants.(je vous laisse le soin de les dégoter).

Martel c'est un village où on va peu. C'est sur le Causse, à la limite du lot et de la Corrèze, non loin de Rocamadour, et donc un peu éclipsé par sa célèbre voisine.

Parfois on le traverse quand  on prend cet itinéraire transversal infernal qui conduit de Brive à Figeac puis à Decazeville et à Rodez (excellent petit magasin de produits bio du coin sur la place de Nuces), mais on s'éloigne.

Revenons à Martel, près de la superbe vallée de la Dordogne.

Quand on traverse le bourg, par ce qui semble être la rue unique, on voit des tours qui s'élèvent au dessus des toits. Hé bien, pour une fois arrêtons notre voiture sur l'un de ces parkings ombragés, et glissons nous dans la vieille enceinte.

Surprise...

Le reste, le charme de ce village de vieilles pierres où s'aggripent les rosiers, ces murs qui protègent treilles et figuiers noueux, ces superbes maisons moyenâgeuses qui ont conservé leurs encorbellements, j'espère que les photos que j'y ai prises vous en donneront quelque idée... 

Bonne flânerie

Ostentions à Rochechouart

J'ai souvent évoqué la religion en Limousin, ce culte des Saints, venu de pratiques qui remontent du fond des âges, et adapté par la religion catholique lorsque ses évangélisateurs ont imposé leur foi.

Ici la devise est « maïfio té » Dieu est loin, les Saints on les a sur place et on peut s'adresser directement à eux. Et quand ils défunctent, on peut en garder des « pitis boucis ».La relique a la même valeur que le Saint vivant.

Je ne raconterai pas l'histoire des Ostentions limousines, et cette habitude qu'on a prise depuis le Moyen-Age de rassembler tous les sept ans les morceaux de Saints dont on dispose sur place pour les promener en processions dans les villes et les villages., sous le regard indulgent de ce que le catholicisme compte de notables, évêques, archevêques et même cardinaux qui daignent venir jusqu'en cette province lointaine pour se mélanger au populo et se balancer en cadence à la fin des manifs.

..

Depuis mon enfance, j'ai eu le temps de voir passer quelques ostentions, mais les seules que je connaissais étaient celles d'Aixe, entre l'église paroissiale et le sanctuaire d'Arliquet, procession aux cierges, défilé de châsses à travers une ville aux rues totalement recouvertes de feuillages et de fleurs en papier.

 

Comme on ne parle bien que de ce que l'on connait, je me suis déplacé l'autre Dimanche jusqu'à Rochechouart pour prendre quelques photos de l'évènement.

 

Rochechouart c'est une sous préfecture de la Haute-Vienne (l'autre c'est Bellac). Il faudrait bien que Darcos rétablisse l'apprentissage des préfectures et des sous-préfectures, au moins les écoliers apprendraient ils quelque chose d'utile. Vous croyez?

Mais bon, Rochechouart c'est une bourgade un peu endormie comme si elle s'était arrêtée dans les années 60 (je vais me faire des amis, là). Cependant le nom est connu. Tous les patelins de France n'ont pas un boulevard et une station de métro à Paris.

Il y a aussi un château trapu, qui appartenait à la grande famille des Rochechouart-Mortemart. Un château avec un canon sur la terrasse. Quand j'étais tout petit et que le tonnerre se faisait entendre, ma mère me disait: « Ce n'est rien, c'est juste le canon de Rochechouart ». c'était rassurant et ça me semblait normal.

Et puis surtout, Rochechouart vient de « roche » et « choir », parce qu'il y a deux cent millions d'années les rochechouartais se sont pris sur la tronche un météorite de 1500m de diametre qui a fait un trou de 21 km de large. Impressionnant. Les vieux du coin ne s'en rappellent même pas et pourtant les débris ont volé jusqu'à 450 km de la, c'est dire!

Aujourd'hui après tant de siècles d'érosion, on ne voit plus rien, mais le sous sol est farci de roches qu'on ne trouve nulle part ailleurs.

Les rochechouartais peuvent dormir tranquilles, il paraît qu'il est très rare qu'un météorite tombe juste là où un autre est déjà tombé...

 

Pour les Ostensions,la ville est très bien décorée, le seul petit défaut à mon avis est cette profusion de morceaux de plastique coloré que le vent agite. Mais en même temps ça permet de faire quelques photos originales.

La procession en plus des châsses,  comporte un défilé où l'on voit de faux prélats à la mine pas catholique, des enfants en costumes exotiques, des saints à la tête de leurs troupes... Enfin vous verrez, il y a même un barbu aux cheveux hirsutes, qui vous rappellera certainement quelqu'un... Et puis un véritable évêque que je ne vous montrerai pas.

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Quelques villes: Interlaken, Thoune, Berne et Fribourg

La Suisse des campagnes

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  • #1

    Nalou (vendredi, 15 mai 2009 00:39)

    Super votre blog va faire des jaloux il est vriament bien fait et idéal pour les photos bravo Nal

  • #2

    Nalou (mercredi, 20 mai 2009 22:21)

    Un petit bonsoir tout marche ce soir je n'ai rien fait de plus ou de moins tous les diapos ont fontionné, les joies de l'informatique enfin suis super contente d'avoir pu tout voir.
    Amicalement Nal

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Carte(s) postale(s) de Suisse

Le car postal suisse (image de la poste suisse) Le car postal suisse (image de la poste suisse)

                                     I

Tout en bas, il y a le lac de Thun. Sur le versant d'en face  les villages sont accrochés aux pentes abruptes, et quand la nuit arrive ce sont des centaines de lucioles qui apparaissent dans la montagne.

Ce matin le temps est clair et seuls quelques nuages échevelés s'accrochent encore à mi pente. Mais hier, au hasard des averses, le Niederhorn dont le sommet aigu se dresse face à moi,tour à tour disparaissait dans la grisaille ou revenait fantômatique et incertain.

Je ne suis pas un grand amateur de paysages lacustres, surtout lorsque, comme ici le lac est encaissé, serré entre des montagnes qui donnent , d'en bas un univers à la fois sombre, froid et oppressant. Je préfère de loin les espaces dégagés.

Comme ici, de l'autre côté, où nous nous trouvons sur un large plateau à alpages, aux couleurs ravivées par la pluie d'hier, aux prairies constellées des fleurs jaunes éclatantes des pissenlits. Le Mont Niesen limite l'horizon de sa masse trappue et triangulaire.

Le village, Aeschi, est charmant avec son aspect rustique, ses vieilles maisons de style bernois aux avancées de toitures en bois sculpté, ses fleurs à profusion, ses fermes encore nombreuses.

Ce fut ma première impression en arrivant, l'idée qu'existe encore quelque part un monde simple, qui vit au rythme des saisons, n'en déplaise à notre "moussuraud", (sans doute des demeurés qui ne comprennent pas le monde paradisiaque que nous les intelligents nous nous sommes fabriqué).

Renseignements pris, tout cela est un peu illusoire. L'agriculture suisse, exception faite de l'élevage de montagne est en chute libre. Les paysans ne représentent plus que quatre pour cent de la population, chaque jour  des agriculteurs cessent leur activité. La surface moyenne des exploitations a doublé en dix ans.

L'image d'une Suisse rurale, paisible et reposante à l'image de cet endroit est donc à nuancer.

Pour voir ce que donnait dans cette tranquillité champêtre l'évocation des tumultes du monde, je me suis avancé  jusqu'au bord de la prairie et j'ai crié "Sarkozy".

De jeunes veaux se sont arrêtés de gambader et m'ont considéré d'un grand oeil inquiet, les vaches ont levé la tête en agitant des sonnailles réprobatrices.

Alors j'ai compris qu'il ne fallait pas déranger la Suisse avec nos misères françaises.

 

                                       II

 

Ayant raté une bifurcation, nous avons pris par ereur une de ces minuscules routes en lacets et en pente plus que raide, comme il en existe tant par ici. Nous élevant rapidement, nous avons dépassé la forêt et nous sommes partis à l'assaut de la montagne.  Peu de circulation. Quelques villages aux maisons de bois noir. Nous avons traversé des nuages dans un brouillard épais qui nous plongeait dans une obscurité quasi nocturne. Et brusquement dans une éclaircie, un rayon de soleil, une échappée nous permettait de voir le lac  à des centaines de mètres presque à la verticale au dessous de nous.

La route devint encore plus étroite, les lacets plus serrés. La question se posait, devions nous continuer sur cette route qui ne figurait plus sur la carte que sous la forme d'un fil rouge, ou était il préférable, et plus prudent de faire demi tour.

Tout à coup, venues d'un virage au dessus de nous, nous avons entendu les trois notes du car postal.

Ah le car  postal, une institution tellement suisse. Depuis 1906, dans tous les endroits de ce pays aux accès souvent si compliqués, géographie oblige, les cars jaunes de la Poste assurent le service public de la continuité du territoire. Dans les lieux les plus déserts, tout à coup, le petit panneau jaune en bord de route annonce l'arrêt du car. Et souvent, si loin de tout, qu'elles semblent sorties de nulle part, deux personnes, ou trois, attendent...

Question de philosophie, de culture...que sais-je, là où nous avons démantelé à outrance, détruit nos transports publics, supprimé les lignes pour des raisons de rentabilité, encouragé sans cesse le recours à l'automobile, le car jaune de la Poste suisse continue (pour combien de temps?) à accomplir chaque jour sa mission.

Il est brusquement sorti d'un virage en face de nous, sa masse jaune nous bouchant le passage. Je me suis rangé comme j'ai pu, les roues quasiment dans le fossé...

Il est passé et déja les trois célèbres notes issues du "Guillaume Tell", de Rossini, (klaxon en usage depuis 1923) retentissaient , quelques virages au dessous de nous.

 

                                       III

 

De quelques villes...

Attention! Pour les renseignements munissez vous d'un guide touristique! Ici il s'agit juste de quelques impressions tout à fait personnelles et totalement subjectives.

 

INTERLAKEN: tel que je l'ai vu, c'est nul, coincé entre les lacs, coincé entre les montagnes, sans issue de secours. Il paraît que c'est super rupin. En tous cas, surtout par temps de pluie, ça sent les vieilles nostalgies, les fleurs fanées. Il vaut mieux voir les grands palaces de face que de dos. Et si dans les jardins on n'aperçoit que de rares sihouettes pressées et encapuchonnées, on imagine volontiers des vieux beaux en panama et costume blanc, fleur à la boutonnière, contant fleurette à de jeunes femmes solitaires désoeuvrées et neurasthéniques... Tout un tableau.

En plus il parait que c'est cher. Je n'en sais rien, je n'y ai rien acheté.

 

THUN: A l'autre bout du lac du même nom.  C'est une ville sympa, animée, blottie au pied d'un gros château. Le cadre en tous cas est joli.

 

BERNE: C'est la capitale fédérale. Le regret, c'est qu'il n'y a plus d'ours dans la fosse aux ours, le dernier est mort en Avril. Tout se perd, ils étaient là depuis 1500 et des poussières (pas les mêmes). Plus d'ours à Berne, c'est comme Limoges sans la gare des Bénédictins...

Sinon il y a de belles rues commerçantes bordées d'immeubles verdâtres, en grès (là je fais le guide). C'est plein de tramways qui vous foncent dessus en carillonnant comme des vaches, et de jardins en terrasses qui domminent la rivière. A midi, tout le monde s'assied (s'il fait beau) au bord des trottoirs, ou sur l'escalier du Rathaus, pour mastiquer son sandwich. Moi qui ai de plus en plus de mal à me relever, je suis obligé d'entrer dans un restaurant pour manger un rösti aux asperges, sympa...

Et puis il y a le gros pâté pompeux de la Confédération helvétique, avec sa coupole néo quelquechose. C'est là que se concentrent les pouvoirs, mais j'en parlerai ailleurs.

Berne de toutes façons reste une ville très provinciale pour une capitale. Avec toutefois une densité de députés et de fonctionnaires locaux cantonaux et fédéraux,insurpassable. Et sept ministres, sept... jamais un  de plus!

 

FRIBOURG ou FREIBURG, comme vous voulez. C'est l'endroit exact où se partagent les langues, d'une rive à l'autre de la Sarine, un charmant ruisseau qui coule au pied du promontoire. En bas il y a de vieux quartiers, des maisons du Moyen-âge, un pont couvert, précisément pour passer du français à l'allémanique, et de la fondue aux röstis, ou l'inverse, de petites places avec des restaurants soit trop chers, soit complets.

En haut une ville plutôt banale avec sa gare quelques rues commerçantes, un parc avec une statue de Jean-Tinguely, à mi pente, la Cathédrale et l'Hôtel de Ville...

Le site, dans son ensemble vaut le coup d'oeil.

 

 

Belle-Ile en Mer, la "Bien-Nommée"


On embarque à Quiberon. Ce matin là, le bateau était le Bangor. Pas d'un accès facile pour les véhicules. Un personnel de bord pas spécialement avenant.

Mais bon, au bout de trois quarts d'heure d'une traversée qui rappelle des temps anciens, un côté aventure salée, on débarque à Le Palais, charmante capitale. L'exploration peut commencer.

Il y a quatre villages chefs lieux de communes, outre Le Palais, Sauzon, Bangor, et Locmaria, et des hameaux nichés dans la verdure ou dans les plis des collinettes. Il y a des promenades à faire à n'en plus finir, entre la pointe des Poulains à l'extrémité nord où la grande Sarah Bernardt avait élu résidence, et les côtes tourmentées de Locmaria au sud. Des chemins creux et verdoyants. On explore, à Le palais les fortifications de Vauban (évidement, Vauban), et la forteresse massive qui domine le vieux port.

Mais l'attraction, l'occupation essentielle, c'est le chemin côtier, qui permet de découvrir des rivages d'une grande variété, parfois escarpé, parfois difficile (beaucoup trop à mon goût de fainéant endurci), il traverse les landes d'ajoncs, surplombe les falaises ou s'accroche à leur flanc, plonge en bord de mer pour longer une plage ou contourner Port Goulphar. N'espérez pas boire un pot tranquillement assis sur le front de mer de Port Goulphar, c'est juste une anse où sont ancrées quelques barques...

Par contre à Sauzon, port miniature aux couleurs vives ,vous trouverez des petits bistrots où boire la bière du coin ou une bolée de cidre, des petits restos et des crêperies sympas.

Tout cela pour vous dire que j'ai bien aime la « Bien-Nommée » (c'est ainsi que les habitants appellent leur Ile). Bien entendu c'est au printemps qu'il faut la découvrir. L'été est à fuir paraît -il, mais on peut s'en douter.

Allez... on embarque?

Suivez les photos, en espérant qu'elles vous donneront un aperçu sympa de Belle-Ile en Mer.

Sicile pour commencer

J'ai aimé la Sicile, cette île où se sont télescopées toutes les civilisations, terre à la fois proche et tellement lointaine, tellement exotique. 

Chaque endroit est une découverte, chaque tournant des routes sinueuses découvre un moment d'histoire.

Je vous entraine ici dans un itinéraire autour de l'île, mais la Sicile mérite bien mieux que cela, il faut la voir, humer son atmosphère,  savourer ses richesses culturelles. Je n'en ai pas tout vu, loin de là.

Palerme est une de ces villes prodigieusement belle dans son délabremant, aristocrate en haillons. Il faut y flâner, le nez en l'air dans les ruelles des quartiers populaires.

C'est de son vacarme, de ses encombrements inextricables, de ses marchés populaires que nous partirons.

Pour Cefalu d'abord, entassée au pied de sa falaise, puis pour Erice sur son sommet. Et pour les fantastiques sites archéologiques à l'histoire prestigieuse, Segeste, Sélinonre les cités antiques rivales et aujourd'hui disparues, et Agrigente, sa vallée des temples, et Syracuse bien sur , sur l'île d'Ortygie...

Sans oublier l'Etna , le cyclope au goût de mort qui domine tout.

Et si la trop touristique Taormine  m'a moins plu, malgré son cadre grandiose, il faut aussi emprunter les petites routes du centre pour se retrouver dans des villages paumés.

Laissez vous faire, entrainer, il suffit de suivre la route...et d'oublier la MAFIA, qui veille toujours dans la pénombre et ne peut pas être totalement absente de votre séjour.